L’industrie agroalimentaire doit relever un double défi : attirer de nouveaux talents et accompagner l’évolution rapide des compétences. Pour répondre à ces enjeux, le projet européen I-RESTART met gratuitement à disposition des modules de formation destinés aussi bien aux étudiants qu’aux salariés ou aux personnes en reconversion : https://fields.learnskills.ie/login/index.php
Qu’est-ce que le projet I-RESTART ?
I-RESTART est un projet européen financé par la Commission européenne qui réunit des organismes de formation et des représentants de l’industrie agroalimentaire de plusieurs pays. Son objectif est de proposer des formations gratuites afin de développer les compétences nécessaires aux secteurs de l’agroalimentaire, de la production animale et des services vétérinaires. L’idée est de répondre aux besoins actuels des entreprises tout en favorisant la reconversion professionnelle et l’attractivité de nos métiers.
Pourquoi l’Ania s’est-elle engagée dans ce projet ?
Notre industrie recherche des talents. Nous devons bien sûr attirer davantage de jeunes vers les formations agroalimentaires, mais nous avons également identifié un potentiel important du côté des reconversions professionnelles. Des salariés issus d’autres secteurs peuvent rejoindre l’agroalimentaire, mais ils connaissent souvent mal nos métiers. I-RESTART permet justement de leur offrir un accès simple à des compétences adaptées.
À qui s’adressent ces formations ?
Elles sont très ouvertes. Cela va de l’étudiant jusqu’au salarié en formation continue, en passant par les personnes en reconversion. Les modules peuvent être suivis individuellement en e-learning, mais ils peuvent aussi être repris et adaptés par des enseignants, des centres de formation ou des entreprises pour leurs propres besoins pédagogiques.
Quels types de compétences sont abordés ?
Le spectre est très large. On trouve des contenus liés au numérique, à la bioéconomie, à la durabilité ou encore aux compétences techniques de l’industrie alimentaire. Mais les formations couvrent aussi les fonctions support avec des modules en marketing, commerce, finance, entrepreneuriat ou développement des soft skills. Cela reflète bien la diversité des métiers de l’agroalimentaire.
Comment les formations ont-elles été conçues ?
Les modules ont d’abord été testés dans les différents pays partenaires avant leur mise en ligne. En France, un test a notamment été réalisé auprès d’étudiants de l’Ihedrea. Les retours ont été très positifs (lire l’encadré).
Que peut apporter I-RESTART au secteur agroalimentaire ?
Cette plateforme constitue une porte d’entrée vers nos métiers. Elle permet à chacun de découvrir le secteur, de monter en compétences ou d’envisager une reconversion. Dans un contexte de tensions de recrutement, il est essentiel de rendre nos métiers plus accessibles et de faciliter l’acquisition rapide des compétences dont les entreprises ont besoin.
À l’Ihedrea, un test grandeur nature
Dans le cadre d’I-RESTART, Lucille Legaignoux, consultante et formatrice, a animé un module pilote auprès d’une cinquantaine d’étudiants de l’Ihedrea. Forte de son expérience dans l’industrie meunière, elle s’est appuyée sur des exemples concrets issus de la filière blé-farine-pain pour illustrer les procédés de transformation agroalimentaire et les innovations du secteur. Au-delà des contenus, les étudiants ont apprécié de participer à un projet européen et ont reçu une attestation valorisable dans leur parcours. « C’est aussi une façon de montrer que l’école s’inscrit dans une dynamique européenne et d’attirer de futurs étudiants », souligne la formatrice.