Résumé de ses positions :
Inflation pour Noël
L’inflation est modérée sur les produits classiques. Il y a un peu d’inflation parce qu’il y a des produits qui sont plus rares en ce moment comme le chocolat et le café. Sans ces produits-là, l’inflation est extrêmement contenue. Le problème du cacao, du café ou d’autres produits, c’est qu’ils subissent des aléas climatiques et de marché, ce qui n’est pas le cas pour la grande majorité de la production française.
Négociations commerciales
La France est le seul pays en Europe où les négociations commerciales ne se passent pas bien. C’est pour ça que l’ANIA a initié au mois d’avril la volonté de mettre une charte de bonne conduite entre la grande distribution et les 22 000 entreprises de l’agroalimentaire (dont 98% sont des TPE/PME) pour tenter d’apaiser le climat, rendre plus normale les négociations et réinstaurer du respect pour nos entreprises.
C’est normal qu’il y ait des discussions, mais on ne peut pas faire venir une entreprise jusqu’à 20 ou 21 fois pour négocier le prix des produits, les dimanches et les jours fériés.
Les PME seront satisfaites ?
Oui, les PME et les grandes entreprises le seront si la grande distribution les écoute et prend en compte leurs demandes (charges des entreprises, gestion de la masse salariale, coût de la logistique,…). Il en va de même pour la gestion des emballages. Tout cela représente des coûts majeurs. On ne demande pas d’être aidé. On demande que la répercussion de l’augmentation des matières premières et des coûts puissent être transmis jusqu’au produit final. Et ce n’est pas toujours le cas.
La différence entre la hausse souhaitée et ce qu’on obtient, c’est l’entreprise qui la prend en charge et ne peut donc pas investir.
Nous faisons tout pour que le producteur ne soit pas la victime de ces négociations commerciales. L’entreprise respecte la loi d’égalim et la matière première agricole. Mais la grande distribution nous dit « Ça ne m’intéresse pas. Ce qui m’intéresse, c’est le produit final vendu aux consommateurs ».
Traité du Mercosur
Il est nécessaire d’avoir des échanges pour qu’on puisse promouvoir nos produits français dans le monde entier. Mais il faut en réciprocité aussi avoir des produits alimentaires venant d’autres pays qui respectent les conditions de production et les normes européennes.
Ça veut dire qu’il faudrait mettre des contrôles, qui se font aujourd’hui par dizaine alors qu’il faudrait les faire par dizaines de milliers.
Balance commerciale
C’est un sujet très grave dont nos élus ne se rendent pas compte. La France était le 3e pays exportateur de produits agri/agro il y a moins de 15 ans.
En 2025 de janvier à octobre, notre balance commerciale est de moins de 150 millions de produits agroalimentaire alors que l’an dernier à la même époque on en était à 4,3 milliards de solde positif (porc en Chine, taxes américaines, et manque de compétitivité).
Les pays qui ont le plus progressé ? Les pays d’Europe (l’Allemagne, l’Italie ou l’Espagne). Ils sont mieux organisés que nous. Et là nous avons notre part de responsabilité. Ils avancent avec leur drapeau. Il faut un avoir peu de patriotisme quand on fait de l’agroalimentaire.
Et ils sont plus compétitifs. Le coût de production est moins élevé en Allemagne ou en Italie (masse salariale, fiscalité,) et ça pèse sur l’exportation dont nos entreprises ont besoin.
Vision stratégique
Nous avons besoin de vision stratégique pour l’agriculture et agroalimentaire, de schéma directeur. Quelle vision ou organisation voulons-nous ? Pour pouvoir rémunérer correctement un agriculteur notamment. Pour pouvoir faire vivre nos entreprises agroalimentaires. Car c’est dans la rémunération, par la vision économique, que le renouvellement des générations se fera en agriculture et que les entreprises de l’agroalimentaire pourront créer de l’emploi.
L’intégrale de l’interview :
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