Négociations commerciales : catastrophe et course aux promotions

 

L’ANIA, Coop de France, la FNSEA, et l’ILEC appellent l’Etat à faire respecter la loi et les engagements pris par tous. La grande distribution met sciemment en péril la filière alimentaire française.

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Auteur

Jean-Philippe Girard

Jean-Philippe Girard

Président de l'ANIA

Depuis son élection au siège de Président de l’ANIA en 2013, Jean-Philippe Girard s’attache à restaurer la confiance des consommateurs dans l’alimentaire et à recréer du lien entre les PME, les grands groupes et les régions.

Président Directeur Général d’Eurogerm qu’il a fondé en 1989, il dirige aujourd’hui plus de 200 personnes impliquées dans la recherche, le développement et la commercialisation d’ingrédients destinés aux industriels de la meunerie et de la boulangerie. Jean-Philippe Girard assure également la fonction d’administrateur de l’ANIA depuis 2002.

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A un mois de la fin des négociations commerciales 2018, agriculteurs, coopératives agricoles et entreprises alimentaires dénoncent d’une même voix le climat catastrophique dans lequel ces négociations se déroulent et la déflation tarifaire qui continue de caractériser les accords signés.

 

Cette année encore sont à déplorer les demandes de baisses de prix systématiques, la non prise en compte des hausses de matières premières, la banalisation des démarches « qualité » ou RSE, les menaces de déréférencement, les comportements irrespectueux et contraires à la loi dans les box de négociation, les opérations promotionnelles sauvages…

 

Force est de constater que malgré les engagements qu’elles ont pris lors des Etats généraux de l’alimentation en signant la charte « pour une équitable répartition de la valeur », les enseignes de la grande distribution n’ont pour l’essentiel rien changé cette année à leurs mauvaises pratiques.

 

Ainsi, les engagements de tous se heurtent au cynisme de certains qui continuent à mener leur guerre des parts de marché, au détriment de l’intérêt commun.

 

Combien d’exploitations agricoles, d’entreprises, de coopératives en difficulté, d’emplois détruits, d’investissements retardés voire abandonnés, avant de comprendre que se joue aujourd’hui, dans les box de négociation de la grande distribution, la survie du secteur alimentaire ?

 

Les agriculteurs doivent pouvoir vivre dignement de leur travail. Les coopératives et les entreprises doivent pouvoir investir et se développer.

Nous avons entendu jeudi dernier le Président de la République lors de ses vœux au monde agricole. L’Etat se montre déterminé et prêt à agir pour mettre fin à ce système de concurrence sauvage qui perdure depuis de nombreuses années.

 

Une nouvelle loi est indispensable mais avant cela, c’est dès les prochains jours que les engagements de tous les distributeurs devront se traduire en actes. L’Etat doit impérativement renforcer ses moyens de contrôler, dénoncer et sanctionner les pratiques illégales, faute de quoi l’esprit des Etats généraux de l’alimentation ne survivra pas au-delà du 1er mars 2018.

 

Nous en appelons à la responsabilité de tous les distributeurs. Nous pouvons encore mettre fin à l’aberration économique de la guerre des prix mortifère. Il n’est pas trop tard pour mettre en œuvre les conclusions des Etats généraux. C’est par l’excellence agricole et industrielle que nous pourrons répondre aux attentes des consommateurs et construire l’alimentation de demain.