Le constat est désormais partagé. La destruction de valeur touche très durement l’amont agricole, ainsi que les 15 789 entreprises agroalimentaires de France, dont 98% de PME. C’est une réalité désormais indiscutable aux conséquences dramatiques pour notre économie et nos territoires. Cela fait plusieurs années que l’ANIA et ses partenaires dénoncent cette course aux prix toujours les plus bas.
Cette guerre des prix, véritable fuite en avant économique et sociale, n’apporte rien aux consommateurs, ne favorise pas la consommation et enlève aux producteurs et aux transformateurs leurs capacités à rémunérer un juste travail, à moderniser leurs outils de production, à investir dans l’innovation et à recruter. Le contexte international de l’embargo Russe ajoutant une pression supplémentaire pour les filières concernées.
Cette année encore, lors des négociations commerciales avec la grande distribution, nos entreprises, de toutes tailles sont confrontées à des demandes de déflation exorbitantes et irresponsables de la part des 4 grandes centrales d’achats restantes. Or, après deux années de déflation continue des prix des produits alimentaires (-2.5% selon IRI), les marges des entreprises du secteur ont atteint leur plus bas niveau depuis 1974. Une situation qui hypothèque les investissements, la modernisation, la compétitivité, l’emploi et la position internationale de notre filière.