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“Et le consommateur dans tout ça?” [Edito]

Chaque mois l’ANIA ouvre ses colonnes aux experts de l’agroalimentaire et de la grande consommation, offrant ainsi à ses lecteurs une vision complémentaire sur les enjeux de notre secteur. Leur publication ne signifie pas une caution du contenu de la part de l’ANIA. Ces éclairages d’experts nous permettent d’apporter un point de vue différent sur nos enjeux, voire de nourrir nos débats. Nathalie Marchand, rédactrice en chef du magazine Les Marchés, livre ici son édito pour le numéro des Marchés hebdo du 11 septembre.

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“Jeudi 3 septembre au soir, les manifestants ont quitté la place de la Nation, parfois le cœur lourd, déçus des annonces de Manuel Valls et d’une opération parfaitement (trop parfaitement ?) orchestrée par la FNSEA.Venus réclamer des prix rémunérateurs, et n’ayant obtenu « que » des reports d’annuités, allègements de charges et autres aides à l’investissement, de jeunes éleveurs semblaient tout juste se consoler du bon accueil des Parisiens.

 

Rentrés dans leurs fermes après ce long voyage en tracteur, il ne leur restait qu’à attendre les décisions des ministres européens à l’Agriculture réunis le 7 pour un conseil extraordinaire. Des décisions qui ne manqueraient pas de causer de nouvelles déceptions. À leur crédit, politiques français et européens ne sont pas tout puissants face aux aléas du marché mondial, auxquels les éleveurs sont de plus en plus exposés. La tentation protectionniste est grande. Mais elle paraît bien utopique face à la réalité d’une économie mondialisée. À l’inverse, le désir des producteurs bretons d’entreprendre, débarrassés des contraintes franco-françaises, environnementales notamment, semble un peu trop faire fi des attentes de la société civile.

 

Régis Lebrun, patron de Fleury Michon, s’étonnait la semaine dernière sur France Inter de l’absence du consommateur dans les débats. Et il a raison. Si chaque maillon de la chaîne des produits carnés pense juste à produire et obtenir un prix rémunérateur sans se soucier du désir du client final, la filière va à sa perte. Quand il déclare « il faut mettre en production des animaux selon les attentes du consommateur », le charcutier vendéen rappelle un principe fondamental. Pour cela distributeurs, transformateurs, abatteurs et producteurs doivent davantage discuter, enterrer les vieilles rancunes, et trouver le moyen de valoriser les efforts de qualité à chaque étape. Pas question forcément de miser sur l’étroit créneau du premium. Mais plutôt de se démarquer de la concurrence par des produits plus aux goûts des consommateurs français et étrangers. Qui sont, eux, bien tout puissants.”

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