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[Edito] Éclaircies sur le front de l’économie

Chaque mois l’ANIA ouvre ses colonnes aux experts de l’agroalimentaire et de la grande consommation, offrant ainsi à ses lecteurs une vision complémentaire sur les enjeux de notre secteur. Leur publication ne signifie pas une caution du contenu de la part de l’ANIA. Ces éclairages d’experts nous permettent d’apporter un point de vue différent sur nos enjeux, voire de nourrir nos débats. Nathalie Marchand, rédactrice en chef du magazine Les Marchés, livre ici son édito pour le numéro des Marchés hebdo du 10 octobre.

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Climat des affaires en septembre au plus haut niveau depuis quatre ans, pouvoir d’achat des ménages enregistrant sa plus forte croissance depuis 2007, et consommation des ménages en hausse de 1,6% en moyenne sur l’année. Les derniers chiffres de l’Insee sur l’économie française s’avèrent plutôt encourageants. Et le moral des patrons s’améliore.

 

En 2015, l’investissement dans le secteur des industries agroalimentaires est attendu en hausse de 9%, selon l’enquête de l’Institut réalisée en juillet. Chez nos voisins européens, la crise semble aussi se dissiper. L’activité a progressé solidement au deuxième trimestre en Allemagne (+0,4%), en Italie (+0,3%) et surtout en Espagne (+1%). Au Royaume-Uni la croissance atteint 0,7%, alors qu’elle s’accélère outre-Atlantique avec +1%.

 

L’économie mondiale se montre en revanche plus volatile avec une dégradation du climat des affaires dans les grands pays émergents (Chine, Brésil et Russie). Ces tendances générales devraient inciter l’industrie agroalimentaire à se recentrer sur le marché intérieur ou des destinations relativement proches. Sans vouloir présager du pire, les massifs investissements dans l’industrie laitière française pour approvisionner le marché chinois ne représentent-ils par un pari très risqué à moyen terme ?

 

Une certaine montée en gamme s’observe depuis quelques mois sur le marché français. Et cette tendance à la valorisation offre sûrement, aux PME voire aux ETI, des perspectives plus intéressantes et plus rémunératrices que les gros volumes promis par certains pays émergents dont les ressorts de l’économie restent parfois opaques. L’industrie française a de toute façon tout intérêt à parier sur la qualité, sans parler forcément de haut de gamme ou de luxe. Mais une qualité reposant sur des procédés de fabrication exemplaires (l’affaire Wolkswagen doit servir de garde-fou…). Le schéma semble logique, mais nécessite que la grande distribution joue le jeu et accepte de payer cette qualité à son juste prix.

 

Rendez-vous fin octobre, pour voir si la guerre des prix est enfin derrière nous…