L’association des Brasseurs de France représente une centaine de brasseries correspondant environ à 95% de la production française de bière, qui génère en France plus de 2 milliards d’euros de chiffres d’affaire en 2016. Secteur agro-alimentaire majeur par son poids économique de l’amont, l’agriculture, à l’aval, la grande distribution et tous les bars restaurants et brasseries, les activités liées à la filière représentent 64 000 emplois pour un CA total de 12 000 M€.
A l’approche de son assemblée générale et au moment où on compte bientôt mille brasseries implantées dans toutes les régions de France, Brasseurs de France, l’association professionnelle qui réunit 95% de la production française de bière, salue la parution du nouveau décret sur la bière publié au Journal Officiel le 17 novembre dernier.
Initiée en 2013 par l’administration en concertation avec Brasseurs de France, cette rénovation a pour objectif, sur la base du décret du 31 mars 1992, de prendre en compte les nombreuses nouvelles recettes et usages dans la production de bières qui ont accompagné l’essor du secteur. Inspirés par les spécialités et les produits locaux, les brasseurs mettent en effet souvent en avant leur origine territoriale, leur tradition, l’utilisation d’ingrédients régionaux, tels des plantes ou des fruits, et développent de nombreuses innovations qui ont contribué à renouveler le marché de la bière et son image.
C’est ainsi que le décret, après avoir rappelé que la bière est une boisson fermentée, obtenue à partir d’un moût préparé avec au moins 50% de malt de céréales, d’eau et de houblon, formalise l’utilisation d’ingrédients déjà en usage dans la profession, tels les herbes aromatiques ou les épices, sous réserve de ne pas apporter leur typicité dans le goût du produit final.
Il ouvre également la possibilité qu’une bière soit additionnée de toute matière végétale admise dans l’alimentation, au-delà des fruits, légumes, plantes stipulés dans le décret de 1992, ou de miel ou de boissons alcoolisées – à condition de ne pas augmenter le degré alcoométrique final de plus de 0,5% en volume. Une telle bière devra porter le nom de « bière à », par exemple Bière au miel.
Sont également autorisés désormais les ingrédients d’origine végétale à propriété colorante, naturels par définition et qui ne sont pas des additifs, tels que les extraits végétaux, les concentrés de fruits et de légumes, des extraits de fleur. La liste de ces ingrédients sera fixée par arrêté.
Les mentions bière de garde et bière « pur malt » font leur apparition dans le décret afin d’en consacrer l’usage.
Le décret entrera en application au 1er janvier 2017.
Brasseurs de France, dans la poursuite des objectifs définis dans son Livre Blanc en 2014, se félicite de cette évolution qui prend en compte le développement et l’originalité du secteur. L’association a veillé parallèlement à la nouvelle nomenclature du Concours Général Agricole, inspirée par anticipation du décret révisé. Elle a également contribué à limiter l’exigence de matières premières céréalières françaises à 60%, modification sans laquelle bon nombre de brasseries déjà lauréates ces dernières années n’auraient pu concourir faute d’une offre suffisante en France, livrable en petites quantités.
Enfin, avec un paysage brassicole en pleine mutation, où le nombre de brasseries a été multiplié par deux en cinq ans, Brasseurs de France reste vigilante sur la formation des brasseurs et mettra en outre prochainement en place une marque collective de qualité. Cette marque aura pour objectif de valoriser le savoir-faire brassicole français et les brasseurs qui investissent en France dans un outil de production pour brasser eux-mêmes à l’inverse d’entreprises commerciales qui sous-traitent, souvent à l’étranger, en laissant entendre une origine locale de leurs bières.
L’ensemble de ces projets sera présenté lors de l’Assemblée Générale de Brasseurs de France le 9 décembre prochain.